Le programme du Bon Samaritain fait des familles heureuses au Togo

Emmanuel Gnagnon et sa femme Fransica à Lomé, Togo

Konstanse Raen est à l’origine du programme de sensibilisation au VIH/sida Où est le Bon Samaritain aujourd’hui ? qui est mis en œuvre par des Sociétés bibliques dans plus de 20 pays. Elle continue à y participer activement et partage ici une histoire personnelle entendue lors d’une récente session de formation du Bon Samaritain à Lomé.

« Il faut absolument que vous laissiez Emmanuel vous parler de son expérience avec le Bon Samaritain. »

J’avais devant moi les formateurs locaux du programme VIH/sida de l’Alliance biblique du Togo, et nous étions réunis pour un cours de remise à niveau au siège de l’Alliance biblique à Lomé.

Emmanuel et Fransica

Pour nous aider à faire mieux connaissance, je leur avais demandé si leur travail de formateur leur avait apporté quelque chose sur le plan personnel. A cette question, tous ont éclaté de rire, pointant du doigt… Emmanuel. Apparemment, lui avait quelque chose de particulier à raconter.

Mais tout d’abord, un homme que tous appelaient « pasteur » a pris la parole.

« Ce programme, a-t-il dit, a une portée particulière pour nous tous qui y participons. En ce qui me concerne, je peux dire qu’il a sauvé mon mariage.

« Entre ma femme et moi, c’était le conflit et la dispute, à cause du VIH et de bien d’autres problèmes encore, et ma femme disait qu’elle voulait divorcer.

« Remplir la jarre émotionnelle de l’autre »

« C’est moi qui ai suivi la formation de l’Alliance biblique en premier, puis ma femme s’est lancée aussi. Et je peux vous dire que, grâce à ce que nous avons appris, tout a changé ! Maintenant, nous pouvons parler ouvertement du VIH et du risque de contamination, du sexe et de la vie de couple, mais aussi de la manière, au sein du couple, de “remplir la jarre émotionnelle” de l’autre. »

Session de formation au Bon Samaritain au Togo

En parlant de « remplir la jarre émotionnelle » il faisait allusion directement au programme du Bon Samaritain. Dans le cadre de ce programme, les participants discutent de l’importance pour chaque être humain de répondre aux besoins émotionnels des autres. Cela s’applique à toutes les relations proches, mais constitue un défi particulier pour un partenariat mari-femme. Chacun devrait être le premier à repérer et combler les besoins de l’autre. Mais là où le mari, par exemple, manque de remplir la « jarre émotionnelle » de sa femme, il y a un risque immédiat que la femme soit entraînée dans une relation avec un homme qui, lui, répond à ses besoins.

L’homme le plus heureux du monde

« Aujourd’hui, a-t-il confié, nous sommes une famille heureuse, et beaucoup de gens viennent nous demander conseil ! C’est pour cela que j’aimerais tellement en savoir davantage sur le conseil. Mais venez donc nous voir. J’ose affirmer que notre foyer est aujourd’hui exemplaire pour tout notre quartier ! »

Là-dessus, il a affiché un sourire triomphant, salué par des hochements de tête approbateurs des autres.

Enfin, le tour était venu pour Emmanuel Gnagnon de parler, et il n’y est pas allé par quatre chemins…

« Je suis un inconditionnel du programme du Bon Samaritain, a-t-il déclaré. C’est en effet là que j’ai trouvé ma femme ! Aujourd’hui, j’affirme que je suis l’homme le plus heureux du monde ! »

Après avoir été interrompu par des rires et des applaudissements, il a poursuivi :

« En tant que responsable des jeunes dans mon Eglise, on m’a proposé de participer à une session de formation de formateurs pour le programme VIH-sida de l’Alliance biblique, afin que je puisse en former d’autres.

Pas de « doigt moralisateur »

« Je connaissais l’idéal de fidélité et d’abstinence dans le domaine de la sexualité prêché par l’Eglise – mais personnellement, je n’avais jamais pris cela très au sérieux ! J’avais plus envie d’une vie trépidante et de m’amuser ! Ce fameux “risque de contamination” menaçait peut-être les autres, mais ma propre vie ne me semblait pas vraiment concernée par cela.

« Ensuite, j’ai commencé à utiliser les supports pédagogiques proposés par l’Alliance biblique dans le cadre du Bon Samaritain et du programme ciblant les jeunes, Sois responsable. Il y est question de l’importance de faire les bons choix et de vivre de manière responsable – jusque dans le domaine du sexe.

« Ce qui m’a aidé, c’est la méthode d’enseignement : il ne s’agit ni de prêcher d’une façon particulière ni d’agiter un “doigt moralisateur”. Les méthodes utilisées sont la conversation, le partage, les questions, le théâtre, les saynètes – toujours en lien avec des textes bibliques.

Un mauvais exemple pour mes amis

« Le fait d’enseigner à d’autres m’a interpellé moi-même. Les bons projets que Dieu a pour ma vie ont éveillé mon cœur et mon esprit. Je me suis retrouvé face à des exemples tels que Joseph et David, et j’ai vu les conséquences des bons et des mauvais choix. La Bible affirme aussi que les croyants sont “la lettre” de Dieu au monde et qu’en lisant cette lettre, les personnes de notre entourage apprennent à connaître Jésus.

« J’ai pris conscience que ma manière de vivre avait fait de moi un mauvais exemple pour mes amis, et une insatisfaction grandissante s’est emparée de moi. A la même époque, je participais de plus en plus au programme du Bon Samaritain de l’Alliance biblique, en tant que bénévole. Lors d’une des sessions de formation, j’ai remarqué une jeune femme, que je connaissais de loin. Elle s’appelait Fransica. A l’issue de la formation j’ai pris contact avec elle, et un peu plus tard nous sommes tombés amoureux. Petit à petit, cette “célibataire” n’a plus eu qu’un seul désir : que nous puissions nous marier et devenir une famille le plus rapidement possible ! »

Le Bon Samaritain peut transformer des vies

Sachant qu’en Afrique la préparation d’un mariage n’est pas une mince affaire, j’ai demandé combien de temps il leur avait fallu pour se marier.

« Cela a pris deux ans, a répondu Emmanuel. La fête a eu lieu en janvier cette année, avec plus de 200 invités, et je suis au comble du bonheur ! J’ai maintenant la meilleure femme du monde, et j’ai un foyer. C’est dans ce sens que le programme du Bon Samaritain m’a apporté quelque chose de vraiment précieux. Je suis donc d’autant plus heureux de travailler comme bénévole, car je sais qu’il peut transformer des vies. Il suffit de demander à ma femme ! »

Les principaux objectifs du programme Où est le Bon Samaritain aujourd’hui ? sont les suivants :

  • Arrêter la propagation du VIH-sida par le biais d’un enseignement et de ressources pédagogiques basés sur la Bible
  • Encourager le dépistage du VIH et la franchise par rapport au sexe et à aux comportements à risque
  • Arrêter la discrimination des personnes infectées par le VIH et défendre leurs droits
  • Encourager le travail social parmi les enfants et les adultes infectés ou affectés par le VIH ou le sida.

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